Les maladies et ravageurs de la dionée
virus - bactéries - champignon - pucerons - fourmis - cochenilles - acariens

















     La dionée, comme toutes les plantes, peut être malade. Il est important de pouvoir identifier au plus vite la cause des symptômes afin de traiter si cela s'avère être nécessaire. Dans certains cas, il ne faudra rien faire et laisser faire le temps et dans d’autres cas, il faudra agir sous peine de perdre la plante et surtout d’éviter que la maladie se propage à l’entièreté de la collection.
Tout d'abord, il faut identifier si les symptômes sont d’origine abiotique ou biotique.


Symptômes d'origine abiotique

     Les symptômes d’origine abiotique traduisent généralement une carence. Un manque de lumière provoquera un étiolement (allongement des tiges) des feuilles de dionées. Il faudra donc placer la plante dans un endroit mieux éclairé ou alors installer un éclairage horticole.
Une carence en éléments minéraux peut provoquer différents symptômes modifiant la morphologie des feuilles et des pièges. Par exemple, des pièges avortés, des dents raccourcies et de différentes tailles, des feuilles dentées, des feuilles fines et « cassantes », … Dans ce cas, il suffit de rempoter la dionée afin de retrouver une plante en pleine forme.

Symptômes d’origine biotique

     Dans ce cas ci, une maladie due à un pathogène (virus, bactérie ou champignon) ou à l’attaque de ravageurs (insectes ou acariens) serait la coupable.
Typiquement, une dionée qui est victime de ce genre d’attaques produira de moins en moins de pièges, voire plus du tout (exception : floraison, hivernation, rempotage récent). Diagnostiquer et identifier la cause est indispensable afin d’agir ou tout simplement de se rassurer.

Maladies dues à un pathogène

Les virus [remonter]
     Chez la dionée, ceux-ci sont rares mais bien connus ! Certains « cultivars » comme ‘Variegated’ sont porteurs de virus. On observe des chloroses sur les feuilles et les pièges. La plante peut être très affaiblie et en mourir.
Il n’existe pas de traitement, la seule solution est soit de détruire la plante ou bien de l’isoler. Certains virus sont transmis par les insectes piqueurs-suceurs (pucerons, punaises, acariens, …). Il faudra donc veiller à ce que la maladie ne se propage pas.
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© Carnibase.com
Le cultivar ‘Variegated’



Bactéries [remonter]
     J’ai peu d’informations à propos de ces pathogènes.
Cependant, je pense que certains bacilles du genre Erwinia (famille des Enterobacteriaceae) seraient à l’origine de la pourriture du rhizome de la dionée. Cette maladie est sans doute la plus redoutable pour nos collections !

     Le premier symptôme est un arrêt brutal de croissance suivi ensuite de nécroses des pièges. Ceux-ci ont tendance à se fermer et ensuite deviennent noires et finissent par mourir (suivi ensuite de l’entièreté de la feuille). Les feuilles s’arrachent facilement de la base et le rhizome habituellement blanc et dure apparaît mou et jaunâtre.
En quelques jours, une plante saine peut disparaître totalement…

     J’ai remarqué que cette maladie est très contagieuse, il faudra donc absolument isoler la victime ! Si la maladie est identifiée suffisamment tôt, on peut rempoter la plante et supprimer les parties malades. On peut espérer avoir supprimé le pathogène.
   
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© Amaury Moens © Amaury Moens
24 heures plus tard...


Champignons [remonter]
Botrytis cinerea est un champignon phytopathogène responsable de la pourriture grise. Celui-ci produit des fins filaments grisâtres et peut être ainsi facilement identifié. Pour lutter contre ce ravageur, utilisez un fongicide.


Maladies dues à un ravageur (insectes)

Puceron [remonter]
   
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© www.maison-fuchsias.fr
Puceron noir
© avel-breizh.net
Puceron vert

     Les pucerons sont des insectes de la famille des Aphidés. Ceux-ci sont verts ou noirs en fonction de l’espèce. Les dégâts occasionnés par les pucerons peuvent être importants et ils colonisent rapidement toutes la collection ! Ce sont des insectes phytophages suceurs. Ils sucent la sève et ont une préférence pour les jeunes pièges en formation ainsi que pour la hampe florale ! Les feuilles attaquées par les pucerons sont souvent malformées et parfois torsadées. Dans la plus part des cas, la plante a une croissance réduite et survit. S’ils sont présents en petit nombre, on peut les enlever à la main. Dans le cas contraire, un insecticide avec 2 traitements à une semaine d’intervalle devrait les éradiquer. Comme dit plus haut, les pucerons peuvent être des vecteurs d’autres maladies.
Il existe une alternative à la lutte chimique, il suffit d’installer des coccinelles sur vos plantes. Elles ne sont pas phytophages mais se nourrissent de pucerons (les larves de coccinelles peuvent en manger jusqu’à 100 par jour).
   
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© Sébastien Gajdos © Sébastien Gajdos © Sébastien Gajdos


Fourmis
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Highslide JS Les fourmis ne sont pas des ravageurs directs mais elles participent au développement des pucerons (elles raffolent de leur miellat).
© cugnot-philippe.chez-alice.fr
Fourmis
 


Cochenilles [remonter]   

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Les cochenilles appartiennent au genre Coccoidea et sont comme les pucerons des insectes suceurs. Ces ravageurs ressemblent à des « petits coquillages » solidement fixés partout sur la plante.
© www.cityplantes.com
Cochenille farineuse
 

     D’après ce que j’ai pu observer, le seul symptôme serait un ralentissement de la croissance. Il est quand même indispensable de traiter car si les conditions leurs sont favorables, elles peuvent se multiplier et envahir rapidement toute la plante.
Deux traitements à l’aide d’un insecticide à deux semaines d’intervalle les éradiqueront.
   
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© DionaeaDiversity.com
Attaque massive de petites cochenilles sur le cultivar 'Bohemian Garnet'


Maladies dues à un ravageur (araignées)

L’araignée rouge : Tétranyque tisserand [remonter]   

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Les acariens ne sont pas des insectes (ceux-ci possèdent 8 pattes). Ils sont petits et donc plus difficiles à remarquer de loin. Néanmoins, lorsqu’on regarde de plus près le piège, on pourra observer des petits points rouges s’agitant. Même si ils sont de petites tailles, par leur nombre, ils peuvent engendrer un important ralentissement de croissance, une nécrose typique des dents et des extrémités de pièges et de feuilles.
© www.desinfestation.ch
Acarien rouge
 


Un insecticide sera inefficace, il faudra opter pour un acaricide !
Néanmoins, certains insecticides, comme le Polysect de la firme K&B, possèdent des substances actives contre les acariens.
Deux traitements à une semaine d’intervalle devraient les éradiquer.
Pour ceux qui aimeraient éviter d’avoir recourt à des produits chimiques, vous pouvez opter pour la lutte intégrée. Phytseiulus persimilis est un acarien prédateur (originaire du Chili) que vous retrouverez dans plusieurs e-commerces.
   
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© DionaeaDiversity.com
Symptômes typiques d'une attaque d'acarien : Nécrose des bords des pièges ainsi que des feuilles
© DionaeaDiversity.com
Les petits points rouges sont des acariens